# Municipales 2026 : Loin des grandes villes, la jeunesse comme point d’ancrage
**Date de l'événement :** 19/01/2026
* Publié le 19/01/2026

### Date
19/01/2026

## Chapô
**À l’occasion des élections municipales de 2026, nous ouvrons une série d’articles consacrés aux réalités du scrutin local. Chaque semaine, un binôme associera l’analyse d’un chercheur et un reportage de terrain réalisé par un étudiant en journalisme.**

**Pour ce premier reportage de terrain, Lola Pineau s'est rendue à sur Moncoutant-sur-Sèvre, bourg rural des Deux-Sèvres, où la faible conflictualité électorale souligne une autre manière de faire de la politique municipale, loin des grandes villes. [Retrouvez ici l'analyse du sociologue Julian Mischi](https://conference.sciencespo.fr/content/2026-01-19/municipales-2026-les-bourgs-ruraux_fY7C7gjE1UmAHSkDvbwc).**

## Corps du texte
« Quand tout est instable nationalement et internationalement, c’est au niveau de la commune que l’on se sent bien. C’est ce qui fait que l’on reste solide » déclarait Philippe Mouiller, sénateur, à la cérémonie des vœux 2026 de Moncoutant-sur-Sèvre. Au cœur du Bocage bressuirais, un paysage marqué par son nombre de haies important, cette commune a su compter historiquement sur deux maires-sénateurs Michel Bécot et Philippe Mouiller, tous deux membres du parti des Républicains. Affichés sans étiquette au niveau local, les deux hommes ont réussi successivement à faire rayonner la commune depuis les années 2000. « On attire quand on a un parlementaire au niveau local. C’est important pour le développement de la commune », reconnaît Michel Bécot, ancien maire pendant plus de trente ans et à l’origine de la construction du site de Pescalis, une zone d’étangs de 150 hectares en eau close où est pratiquée la pêche en _no kill_. 

La ruralité comme « mode de vie »
---------------------------------

Situé dans l’Ouest de la France, le département méconnu des Deux-Sèvres est souvent décrit comme un lieu de passage. Au carrefour entre Poitiers, la Rochelle, Nantes et Angers, Moncoutant-sur-Sèvre fait partie de ces bourgs éloignés des grandes villes, ancrées  dans une zone dite rurale. Depuis 2019, Moncoutant-sur-Sèvre regroupe six anciennes communes, sur demande des plus petites, notamment par manque d’élus lors de périodes électorales et d’une baisse de dotations de l’État. Cette commune nouvelle de 5 200 habitants, traversée entièrement par la Sèvre Nantaise, fait partie des aires d’attractivité économique du secteur où le nombre d'emplois y est plus important que le nombre d’actifs. Après un mandat de réajustement technique, les têtes de liste reviennent avec la jeunesse en vue, pour une passation de pouvoir progressive. 

« Moncoutant-sur-Sèvre, c’est une commune dynamique. On a des associations pour tout : billard, foot, hand, basket, belote, trail… et surtout on a toutes les infrastructures. Les personnes restent ici parce qu'elles peuvent travailler, elles peuvent y habiter.  Il y a tout pour les enfants jusqu’au collège et elles peuvent avoir des activités », précise Arnaud Thibaud. A 26 ans, ce monsévrien d’origine est aujourd’hui consultant immobilier à Paris mais reste très attaché à sa commune natale où il revient un week-end sur deux. « Tous les ans, on se dit qu’on va partir et au final on est toujours là.  On revient toujours ici. Être éloigné des grandes villes, c’est ce qui fait la beauté de notre commune. Tout le monde se connaît, nos amitiés sont intergénérationnelles. Ce n’est pas du tout pareil qu’en ville. »

Même ressenti pour Claude Cornuault. « Il n’y a rien de spectaculaire à Moncoutant-sur-Sèvre. C’est la richesse des hommes qui nous retient, qui fait qu’on s’y attache. » Octogénaire, cet enseignant retraité apprécie la ruralité pour sa sobriété. « Ici, j’aime la simplicité des gens, des activités que l’on fait. »

Pour Cécile Vrignaud, actuelle maire déléguée de Moncoutant et candidate à la mairie de Moncoutant-sur-Sèvre, « la ruralité, c’est même un des côtés attractifs de notre commune ». Perçue comme un véritable mode de vie, la ruralité est associée aux notions de paysage et de temporalité. « Pour moi la ruralité a un lien très fort avec l’agriculture. Il faut savoir que les agriculteurs font un gros travail au niveau de l'entretien du paysage, notamment les chemins. Que serait notre bocage sans les agriculteurs ? » se questionne la secrétaire-comptable de profession. L’agriculture reste un point central pour les élus locaux dans cette zone géographique. « La ruralité, c’est le paysage. Le paysage, chez nous c’est le bocage et c’est directement lié à l’agriculture. Maintenir l’élevage, c’est maintenir le bocage. La haie c’est l’ADN de notre agriculture et donc de notre paysage », constate Roland Moreau, instituteur spécialisé et maire de Moncoutant-sur-Sèvre. 

La problématique de la distance et du temps fait également écho à la particularité locale. « La ruralité, c’est une façon de vivre. On n’a pas de transport en commun, chacun doit avoir sa voiture pour se déplacer. Ici, les personnes ne bénéficient pas des mêmes loisirs qu’en ville. Dans les zones rurales, il faut constamment aller chercher l’information, le loisir, la culture », rappelle Michel Bécot. Tout de même, la majorité souligne un emplacement idéal, à proximité relative de l’océan et suffisamment accessible aux grandes villes pour les études des enfants. « On est à la fois loin et proche de tout si on laisse les moyens aux gens de la ruralité de se déplacer », maintient l’ancien maire.  

La spécificité de la représentation en zone rurale
--------------------------------------------------

A Moncoutant-sur-Sèvre, « la population dans son ensemble aime son maire depuis plusieurs mandats. Ils lui font confiance », considère Claude Cornuault, également correspondant généraliste de la commune au Courrier de l’Ouest, quotidien local. « Si on appelle le maire, il répond. Il est présent. Cécile comme Roland, ce sont des personnes à l’écoute et qui sont disponibles », précise Arnaud Thibaud. 

« Je suis né ici donc tout le monde me connaît et a mon numéro de téléphone », acquiesce l’actuel maire. « J’ai toujours un lien avec la mairie, j’y pense constamment. Pour moi c’est comme la présidence d’une association ou être patron d’une PME. On fait un peu de tout, tout le temps. » Une des spécificités des petites villes comme Moncoutant-sur-Sèvre reste le manque d’anonymat. “Ça a ses côtés positifs et négatifs. Ici, les gens veulent savoir « c’est qui », d’où il vient, peu importe ses idées, ce qui compte c’est qui il est. La politique locale est très incarnée”, note-t-il. « C’est évident », ajoute Valérie Giraud, élue historiquement d’opposition. « Ici, faire un parachutage, c’est très compliqué. Ils votent pour un nom. »

La commune est historiquement riche d’une diversité religieuse composée de trois principaux groupes : les catholiques, les protestants calvinistes et les dissidents de la Petite église. « On sait que le lien des communautés religieuses avec les élus est important pour la vie de la collectivité. Chez nous, c’est une composante historique qui a façonné le territoire et que l’on doit prendre en compte », estime Roland Moreau. « Pour moi, la particularité, elle est là. Quand il y a des différences, on développe la tolérance. À Moncoutant-sur-Sèvre, j’ai appris à être à l’écoute et travailler avec des gens différents qui ont des convictions différentes », réalise Michel Bécot. 

Mais parfois, la diversité des convictions locales pose tout de même des difficultés aux élus. Les agriculteurs, divisés au niveau national, le sont également dans le secteur de Moncoutant-sur-Sèvre. « On le constate au niveau de la commune et de l’agglomération. Dès que l’on réunit le monde agricole, il y a de l’opposition. C’est notre rôle d’élu de prendre en considération les divergences au sein des agriculteurs et de savoir que nos décisions peuvent avoir un impact sur notre espace rural », assure Cécile Vrignaud. 

L’absence de liste d’opposition 
--------------------------------

« On est dans une commune avec une mentalité conservatrice qui n’aime pas trop le changement et qui veut globalement garder les mêmes gens », estime Alain Morisseau, ancien élu d’opposition de 2008 à 2020.  A partir de 1989, l’opposition jette l’éponge face au poids que représente Michel Bécot dans la commune. L’homme qui se considère de centre-droit a privilégié le dialogue en intégrant, dans le conseil, des personnes aux idées parfois divergentes. « Je pars du principe qu’il faut les prendre avec nous et travailler ensemble. Ce n’est pas toujours facile sur le plan national, c’est un autre volet. Mais au niveau local, nous avons besoin de toutes les intelligences. C’est enrichissant d’avoir des gens qui ont une autre expertise, d’autres points de vue sur le plan social et économique », reconnaît Michel Bécot. Pendant plusieurs années, il n’existera pas d’opposition jusqu’à son dernier mandat. 

L’après Michel Bécot devient une porte d’entrée pour l’opposition. Une opportunité pour les frustrations passées face à la candidature de Philippe Mouiller, moins connu localement mais soutenu par l’ancien maire. « On voulait faire entendre une voix de gauche qui existe à Moncoutant. Quand on est élu, on peut s’exprimer. On n’est peut-être pas toujours écouté mais au moins on est entendu », déclare Valérie Giraud. « L’opposition, ça ne veut pas dire tout démolir. On est là pour amener un autre dialogue, poser des questions. Le but, au contraire, c'est que ce soit constructif », soutient Alain Morisseau. 

Les dernières têtes de liste ont également préféré intégrer directement l’opposition dans leurs équipes. « Je ne les considère pas comme faisant partie d’une “opposition”, ils amènent une vision globale, des idées différentes », soulève Cécile Vrignaud. « Il y a plutôt un consensus au conseil. Il le faut. On voit bien ce que ça donne au niveau national. Si il n’y a pas de consensus, il n’y a pas de projet. » Pour Valérie Giraud, désignée pour un nouveau mandat, cela ne veut pas dire abandonner ses convictions pour autant. « Je n’ai pas vendu mon âme au diable. La politique pour moi ce n’est pas une carrière. Je me sens libre de partir si ça ne me convient plus. » Elle souligne en parallèle la difficulté de trouver des personnes pour constituer une liste dans le contexte actuel. 

A Moncoutant-sur-Sèvre, comme pour beaucoup de communes rurales, la couleur politique n’est pas un sujet. « Je pense que c’est la force de la liste de ne pas avoir d’étiquette politique. Si il y avait un vrai parti pris politique, ça pourrait être plus clivant et il y aurait plus de réserve de la part des habitants », estime Arnaud Thibaud. Un sentiment confirmé par la tête de liste pour 2026. « Le fait d’être sans étiquette c’est plus facile d’aller chercher des gens de tout bord parce qu’ils savent que l’on est ouvert ». 

Le passage des deux précédents maires-sénateurs encartés n’ont pas laissé indifférents l’opposition historique. « Bien sûr que ça a joué un rôle au rayonnement de la commune mais c’est surtout le fruit d’un travail collectif », considère Valérie Giraud. « J’aime l’équité. Je considère que ce n’est pas normal que les communes qui n’ont pas de sénateurs dans leur mairie aient droit à rien ou à moins en comparaison », pense Alain Morisseau.

Les ouvriers, grands absents des listes municipales successives  
-----------------------------------------------------------------

Dans sa nouvelle liste pour 2026, Cécile Vrignaud tient à représenter de la meilleure manière possible l’ensemble de la population tant sur la parité, qui lui est imposée, que sur la répartition des territoires, les âges et les professions. « Je n’ai pas eu de mal au niveau de la parité femme / homme. C’est au niveau de la profession que c’est moins évident. Par exemple, pour les agriculteurs, je constate qu’ils ont la tête dans le guidon, ils sont quasi tous intéressés mais c’est clairement impossible de caser cet engagement dans leur vie quotidienne. C’est le manque de temps qui revient le plus souvent ». 

Qu’en est-il des ouvriers ? Alors que cette catégorie socioprofessionnelle reste encore majoritaire dans la commune, aucun des 33 membres de la liste n’exerce cette profession. Dans les derniers mandats, seulement un ouvrier faisait partie du conseil municipal. Une prise de conscience pour Cécile Vrignaud, elle-même surprise de ne pas l’avoir constaté plus tôt. « On a toujours eu des difficultés. C’était toujours notre souci : les agriculteurs et les ouvriers. On finissait toujours par trouver un ou deux agriculteurs mais les ouvriers c’est vrai que c’est difficile », avoue Michel Bécot. 

« Il y a plusieurs raisons qui expliquent qu’il n’y ait pas d’ouvriers dans la liste je pense. Déjà leur poste limite leur temps de disponibilité en journée, c’est compliqué pour eux de se libérer du temps comme ils veulent, ils ont moins de liberté », relève Roland Moreau. « Le mode de représentation favorise les gens de l’éducation nationale, des professions libérales, des gens qui peuvent s'octroyer du temps, on le voit bien au niveau national. L’une des seules manières pour les ouvriers d’accéder au pouvoir, je pense que c’est via les syndicats. C’est la porte d’entrée vers la politique. » Pour Alain Morisseau, la question du temps n’est pas l’argument principal. « Je pense que ce sont des personnes qui ont peut-être peur de ne pas être à la hauteur et qui n’osent pas s’engager. »

L’engagement associatif des jeunes 
-----------------------------------

Au même titre que les ouvriers, les jeunes restent également à la marge de la composition de la liste, avec une benjamine dans la trentaine. « Un engagement de six ans, c’est du long terme. C’est une contrainte pour beaucoup de personnes, notamment les jeunes », observe Cécile Vrignaud. Mais la candidate ne compte pas lâcher l’affaire. « Notre but c’est de renouer avec la jeunesse » assume-t-elle. « Pour ce faire, on a plusieurs actions de prévu. On aimerait mettre en place un conseil municipal des jeunes et permettre aux monsévriens en classe de 3ème de vivre une expérience, en créant du lien et en mettant leur énergie pour aider un public défavorisé. »

L’absence de la jeunesse dans le conseil municipal n’est pas synonyme de désengagement pour l’actuel maire de la commune. « Au niveau des jeunes, ils ne sont pas forcément dans la vie politique mais ils sont déjà dans la vie de la cité à travers les associations et leur travail. Ce n’est pas juste 33 élus qui font vivre la commune. Ici, le monde associatif a un rôle très important », précise Roland Moreau. Sur les 120 associations monsévriennes, les associations sportives fédèrent parmi les jeunes. « Je pense qu’il y a davantage d’intérêt pour la politique locale. Par exemple, le city stade qui a été créé était une de leurs demandes, comme le skatepark d’ailleurs ». 

« On dit souvent que les jeunes ils ne font plus rien et qu’ils ne veulent plus rien faire. C’est faux, c’est complètement faux. Quand on voit l’engagement par exemple au club de foot, c’est au quotidien », relate Claude Cornuault. « Pour nous \[les jeunes\] au fond, peu importe qui c’est à la mairie, du moment que l’on touche pas au bon fonctionnement des associations sportives et des différentes organisations qui font vivre Moncoutant-sur-Sèvre ça se passera bien », prédit Arnaud Thibaud.

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

### Thématique
`#Municipales 2026` `#Démocratie` 

**Langue :** `#Français` 



---
### Navigation pour IA
- [Index de tous les contenus](https://conference.sciencespo.fr/llms.txt)
- [Plan du site (Sitemap)](https://conference.sciencespo.fr/sitemap.xml)
- [Retour à l'accueil](https://conference.sciencespo.fr/)
