# Municipales 2026 : LR, parti local pour le meilleur et pour le pire
**Date de l'événement :** 18/02/2026
* Publié le 18/02/2026

### Date
18/02/2026

## Chapô
**Malgré leur affaiblissement sur la scène nationale, Les Républicains conservent un solide ancrage municipal. Cette solidité territoriale dissimule toutefois des tensions profondes : entre ralliements au centre, tentations d’alliance avec l’extrême droite et autonomie grandissante des élus locaux, la cohérence du parti est mise à l’épreuve. Émilien Houard-Vial, chercheur en science politique, analyse les enjeux de ce scrutin.**

**Cet article s'inscrit dans une série d'articles consacrée aux élections municipales de 2026. Chaque publication associe un texte de chercheur et un reportage de terrain réalisé par un étudiant en journalisme. Aux côtés du texte d'Émilien Houard-Vial, retrouvez [le reportage de notre étudiant Gibrile Belkebir consacré à la campagne de Louis Sarkozy dans la commune de Menton](https://conference.sciencespo.fr/content/2026-02-18/municipales-2026-de-pere-en-fils-la-campagne-de-louis-sarkozy-a-menton_54cZmodUk1veueKMpRjN).**

## Corps du texte
Le système politique français a connu une étrange dissociation au tournant des années 2020. Alors qu’au niveau national, et particulièrement lors des élections présidentielles, dominaient des forces politiques nouvelles ou jusque-là cantonnées aux marges du pouvoir – La République en marche (LREM), La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) – le niveau local semblait perpétuer un ordre bipolaire désuet, composé d’un côté du Parti socialiste (PS) et de ses alliés écologistes et communistes, et de l’autre des Républicains (LR) et de leurs alliés centristes. Les élections municipales de 2020 ont marqué l’incapacité, voire même parfois le manque de volonté, des favoris de la compétition nationale à s’implanter localement, si l’on fait exception de la mairie de Perpignan remportée par Louis Aliot (RN).

Il pourrait en être autrement en 2026, avec l’entrée dans la compétition municipale de nombreux députés RN et LFI, portés par l’émergence de bastions électoraux solides dans lesquels le maintien de maires LR ou PS apparaît comme une anomalie permise par l’inertie du soutien aux maires sortants. La propension des Républicains et du Parti socialiste à conserver leurs mairies voire à en gagner, à un an d’une élection présidentielle, est à ce titre un argument de poids pour convaincre les électeurs et commentateurs que leurs heures sombres sont derrière eux.

Un parti d'élus locaux
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Mais la réussite aux élections locales n’est pas que symbolique pour ces partis, notamment pour Les Républicains, qui ont vu leur nombre de députés s’effondrer continuellement depuis 2002, passant de 365 parlementaires dans la chambre basse à 47 en juillet 2024. Dans ce contexte, l’Assemblée nationale n’est plus le lieu de prédilection de la constitution d’un capital politique pour les professionnels de la politique, qui plus est depuis qu’elle ne peut plus être cumulée avec une fonction exécutive locale depuis 2017. Être un membre parmi d’autres d’un groupe réduit à peau de chagrin paraît alors bien moins valorisant que la position de maire de grande ou moyenne ville, ou de président de département ou de région.

Beaucoup ne s’y sont pas trompés en prenant ou reprenant la tête d’une collectivité locale, à l’instar de Valérie Pécresse (Île-de-France), Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Rachida Dati (7e arrondissement de Paris), Jean-François Copé (Meaux) ou Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes), qui n’a quitté son poste que pour prendre la tête des députés LR. La position de maire a également pu servir de tremplin médiatique lors de la crise du Covid, comme pour Philippe Juvin (La Garenne-Colombes) ou David Lisnard (Cannes). L’actuelle équipe dirigeante du parti compte ainsi davantage d’élus locaux que d’élus nationaux, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années. De même, les sénateurs – dont l’élection dépend à 95% des conseillers municipaux – sont majoritaires parmi les élus nationaux, alors que l’un d’entre eux a été élu à la tête du parti pour la première fois de son histoire en mai 2025.

Des étiquettes volatiles 
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Les élus locaux sont pourtant une ressource instable pour Les Républicains. Le parti dispose en effet d’une emprise relativement limitée sur ses ancrages locaux, avec des élus profitant de leur notabilité pour agir en grande autonomie, notamment dans la composition de leurs listes et les alliances tissées. C’est ainsi que se sont naturellement nouées un grand nombre de coalitions municipales entre LR et LREM en 2020, particulièrement au second tour – le cas le plus parlant étant celui de Lyon – alors même que de vifs débats agitaient les élus nationaux sur l’opportunité d’une compromission avec les représentants locaux du pouvoir macroniste. Les réseaux locaux font souvent peu de cas des étiquettes, et les collaborations de longue haleine entre élus de droite et du centre ont poussé de nombreux maires LR à ignorer les allégeances nationales de leurs adjoints, voire à absorber dans leur majorité des challengers centristes – ainsi par exemple de Christian Estrosi à Nice.

L’attractivité de l’étiquette LR est également faible depuis 2017 pour les élus locaux. Certains élus ont rallié Emmanuel Macron dès 2017 en étant de facto exclus du parti – le plus notable étant l’ancien Premier ministre et maire du Havre Edouard Philippe – tandis que d’autres ont attendu quelques années. À travers La France audacieuse, Christian Estrosi a ainsi fédéré dès 2017 des maires qui ont tour à tour rejoint le parti Horizons en 2021, comme le maire de Reims Arnaud Robinet ou celui de Toulon Hubert Falco. Ce parti, dirigé par Edouard Philippe, regroupe avant tout des élus locaux auparavant affiliés à LR, comme les maires de Rillieux-la-Pape, Fontainebleau ou Angers, et même une présidente de région, Christelle Morançais (Pays de la Loire), ayant fait défection des Républicains en 2024. Si les velléités de carrière nationale ont poussé certains à franchir le pas – récompensé parfois par une plus ou moins longue carrière ministérielle – la défiance à l’égard de la ligne idéologique et stratégique de LR en a également été un facteur majeur. Certains avaient auparavant appelé à conclure un pacte de gouvernement avec les macronistes qui aurait permis à LR de revenir au pouvoir avant 2024, tout comme d’autres ont déploré le tournant de droite radicale impulsé par Laurent Wauquiez ou Eric Ciotti, amenant à un rétrécissement idéologique du parti sur les thèmes sécuritaires, identitaires et migratoires, et à une convergence vers les positions du RN susceptibles d’aliéner les électeurs les plus modérés des élus LR – à l’instar du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, qui a quitté le parti fin 2022, depuis sans étiquette.

Vers l'union des droites ?
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La tentation de l’extrême droite a jusqu’ici été bien moindre, et avec des profils différents. Les élus LR ayant rejoint le RN directement ou par l’intermédiaire d’un de ses partis satellites – dont l’Union des droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti – étaient avant tout dans une phase descendante de leur carrière politique, ou bloqués dans leur ascension. Ainsi de Thierry Mariani, aujourd’hui candidat RN à la mairie de Paris, qui a pu retrouver un poste d’eurodéputé et a été tête de liste RN en PACA en 2021 après avoir perdu tout mandat électif en 2017. Parmi les ralliés de l’UDR ayant tenté leur chance aux élections législatives, on trouve des maires de bourgs comme Antoine Valentin (Saint-Jeoire, Haute-Savoie) ou Sophie Vaginay (Barcelonnette, Alpes-de-Haute-Provence), ou des maires de villes moyennes ayant perdu leur mandat de député en 2012 ou 2017, comme Brigitte Barèges (Montauban), Gilles Bourdouleix (Cholet) ou Jacques Myard (Maisons-Laffitte). Même Eric Ciotti, sans doute la plus grosse prise de l’histoire du RN en termes de capital politique (président d’un parti concurrent), n’aurait pu espérer être tête de liste à Nice en 2026 s’il était resté sous pavillon LR.

Le niveau local n’en reste pas moins une source d’inquiétude majeure pour les contempteurs de « l’union des droites », terme médiatiquement consacré pour désigner l’union de la droite et de l’extrême droite. C’est avec ce slogan que fait par exemple campagne Benoît de Boysson, candidat à la mairie de Bourg-en-Bresse fortement lié à Reconquête ! qui intègre des élus LR sur sa liste sans toutefois de soutien officiel de leur parti, qui n’a en l’état pas les moyens de présenter une liste concurrente. Le flou des étiquettes incite à une porosité des milieux politiques de droite et d’extrême droite face à laquelle le siège des Républicains est souvent démuni, se retrouvant à acter des décisions locales, hésitant à prendre des sanctions quitte à se priver de relais locaux déjà fragiles. Le cordon sanitaire local ne sera pas moins menacé après les élections municipales, alors que devront se régler les relations entre élus LR et potentiels nouveaux élus RN – ne serait-ce qu’au niveau des intercommunalités. Après avoir relégué en 2020 Louis Aliot à la place de 5e vice-président de Perpignan Méditerranée Métropole – preuve d’un cordon sanitaire relatif – le maire LR de Saint-Estève et président de la communauté urbaine de Perpignan Robert Vila a annoncé lors des législatives de 2022 voter pour la candidate RN contre la candidate LFI-NUPES dans la 3e circonscription des Pyrénées-Orientales. Ce genre de rapprochement entre élus LR et RN pourraient se multiplier si le RN poursuit son implantation locale, participant de facto à parachever son entreprise de légitimation. Faute d’impulser une ligne claire, coincés entre la cooptation des idées de l’extrême droite et la coopération locale et nationale avec le centre, Les Républicains s’exposent depuis une dizaine d’années à l’effritement de la cohérence de leur organisation, dont la résilience par-delà les crises ne saurait masquer les grandes difficultés à se réinventer.

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

### Thématique
`#Municipales 2026` `#Démocratie` 

**Langue :** `#Français` 



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