# Petites, nombreuses : le casse-tête des communes
**Date de l'événement :** 09/03/2026
* Publié le 09/03/2026

### Date
06/03/2026

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## Chapô
**Alors que certains plaident pour une réduction drastique du nombre de communes françaises au nom de l’efficacité administrative, [Éric Kerrouche](https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/annuaire/kerrouche-eric/ "Éric Kerrouche - ouverture en nouvelle fenêtre"), directeur de recherche CNRS au CEVIPOF, et [Martial Foucault](https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/annuaire/foucault-martial/ "Martial Foucault - ouverture en nouvelle fenêtre"), professeur des universités à Sciences Po, défendent dans leur ouvrage [_Le casse-tête démocratique, l'avenir des communes françaises_](https://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782815970235-le-casse-tete-democratique-l-avenir-des-communes-francaises-martial-foucault-eric-kerrouche/ "Le casse-tête démocratique, l'avenir des communes françaises, - ouverture en nouvelle fenêtre") (Éditions de l'Aube, février 2026) la vitalité de la démocratie communale. Dans cet entretien, ils analysent le paradoxe d’un attachement persistant des Français à la proximité politique malgré les fragilités croissantes de la démocratie locale.**

## Corps du texte
_**Les communes françaises sont régulièrement jugées « trop nombreuses » ou « trop petites », au nom de l’efficacité et de la simplification administrative. En quoi cette lecture vous paraît-elle réductrice, et que révèle-t-elle du rapport contemporain à la centralisation et à la proximité politique ?**_

**Martial Foucault et Eric Kerrouche** : En France, la question du nombre de communes comme de leur taille est une constante du débat public depuis des décennies. Pour autant aucune réforme n’a pu remettre en cause cet émiettement. Il faut poser la question différemment, si le nombre de communes peut être une chance démocratique, encore faut-il que celles-ci puissent réellement exercer la clause de compétence générale qu’elles détiennent chacune. Or le manque de moyens humains et financiers des communes les moins peuplées (rappelons que presque 54 % des communes françaises ont moins de 500 habitants) remet en cause la promesse républicaine d’égalité. À quoi sert alors la proximité revendiquée ? Celle-ci devient d’autant plus critiquable que la taille, de manière contre-intuitive, n’est aucunement la garantie d’un fonctionnement démocratique satisfaisant.

La mise en perspective des nouveaux défis que vont devoir affronter les communes nous amène à proposer de repenser le fonctionnement du bloc communal, avec des intercommunalités centrées sur les compétences stratégiques et essentielles, la proximité étant assurée par les communes. Mais cette hypothèse suppose non pas de supprimer ces dernières, mais de faire en sorte qu’elles soient à même de pouvoir réellement exercer les compétences localisées qui sont les leurs. En ce sens, nous proposons une généralisation du modèle de la commune nouvelle qui autorise à la fois le respect de la proximité à travers le maintien des communes déléguées, une mutualisation dans la nouvelle entité communale et un travail collectif dans le périmètre intercommunal.

_**Vous montrez que la démocratie municipale demeure une digue de confiance dans un pays traversé par la crise politique, mais que ses fondations se fragilisent. Quels sont, selon vos enquêtes, les principaux facteurs de cette fragilité — fatigue des élus, tensions locales, réformes inabouties — et que disent-ils de l’état de la démocratie française ?**_

**MF et EK :** Notre livre s’est saisi d’un paradoxe : les Français n’ont jamais cessé d’exprimer leur attachement à la commune et à leurs élus de proximité, mais, dans le même temps, la démocratie locale semble traversée de doutes et d’inquiétudes. Le maire est apprécié, mais démissionne de plus en plus souvent. Le conseil est élu, mais déserté. La commune est valorisée, mais parfois contournée, son périmètre n’étant plus adapté à la vie quotidienne de la plupart des Français. Le citoyen lui est pourtant attaché, mais il s’abstient de plus en plus dans les bureaux de vote. De tels signes interrogent la vitalité démocratique locale. Et, plus important, la démocratie municipale dans son fonctionnement actuel, dans ses pratiques, dans son articulation avec les autres strates de décision, ne peut totalement s’imposer comme un modèle à suivre pour absorber certains désordres politiques observés au plan national. L’une des causes de ce « casse-tête démocratique » contemporain prend, selon nous, racine dans une tension créée par la loi de 1884 qui institue la commune : être pleinement légitime sans avoir été forcément habitée.

_**Votre ouvrage formule dix propositions concrètes pour renforcer la qualité de la vie démocratique locale. Quelles transformations institutionnelles ou pratiques vous paraissent aujourd’hui indispensables pour que la commune reste un espace de protection, de décision et d’association des citoyens, sans céder à son tour aux désordres nationaux ?**_

**MF et EK :** Nous avons fait le choix de porter dans le débat public dix propositions qui nous semblent utiles de discuter auprès de tous les acteurs politiques ou académiques mobilisés sur les conditions d’une vitalité démocratique locale plus affirmée. Par exemple, dans le domaine institutionnel, nous proposons de réfléchir à la révision de la prime de 50 % de sièges accordée à la liste arrivée en tête pour la ramener à 25 % comme cela est désormais le cas pour l’élection de l’exécutif municipal de Paris, Lyon et Marseille ou encore des conseillers régionaux. Cette proposition tend à garantir un plus grand pluralisme dans les conseils municipaux, une place réelle pour l’opposition et donc une affirmation que le conseil municipal doit être un lieu où l’on décide ensemble, plutôt qu’un simple théâtre d’enregistrement. C’est également pour cela que nous proposons de renforcer le statut du responsable de l’opposition.

Dans le même esprit, réduire la taille des conseils municipaux dans les communes les plus petites ne serait pas un geste contre la démocratie, mais un ajustement de bon sens. Cela revient à admettre qu’un village de quatre-vingts habitants n’a pas besoin de la même densité d’élus qu’une ville de 8 000 habitants. En ramenant le nombre de sièges à un niveau compatible avec la démographie réelle, on allège la pression sur les équipes sortantes, on évite les listes bricolées à la dernière minute et on redonne de la valeur à chaque mandat. Et comme les élections municipales de 2026 le confirment, près de 70 % des communes ne verront qu’une seule liste en lice. Chiffre qui aurait pu être plus faible si la taille des conseils municipaux était réduite, permettant à des citoyens de s’engager sur des listes moins difficiles à constituer.

_Cet article a été initialement publié sur [le site du CEVIPOF](https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/actualites/le-casse-tete-democratique-des-communes-entretien-avec-martial-foucault-et-eric-kerrouche/)._

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

### Thématique
`#Démocratie` `#Municipales 2026` 

**Langue :** `#Français` 



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