# Un fragile équilibre :  la métropole toulousaine et les intercommunalités voisines
**Date de l'événement :** 12/03/2026
* Publié le 12/03/2026

### Date
12/03/2026

## Chapô
**Toulouse attire, s’étend et déborde. Si la métropole profite d’une dynamique économique portée par l’aéronautique et le spatial, sa croissance rapide met sous pression les territoires voisins, contraints de densifier l’habitat tout en cherchant à ne pas devenir de simples zones résidentielles. Eliott Nail, étudiant à l'École de journalisme de Sciences Po, a enquête sur les enjeux de la métropole toulousaine à l'approche des municipales.**

**Cet article s'inscrit dans une série d'articles consacrée aux élections municipales de 2026. Chaque publication associe un texte de chercheur et un reportage de terrain réalisé par un étudiant en journalisme. Le texte d'Eliott Nail accompagne [l'analyse du chercheur Tommaso Germain.](https://conference.sciencespo.fr/content/2026-03-12/derriere-les-municipales-l-importance-discrete-des-intercommunalites_ZIaL00ZBqfyifwHyfvzQ)**

## Corps du texte
En janvier 2026, Toulouse métropole a été désignée pour la troisième année consécutive «  plus attractive  » de France par le Baromètre Arthur Loyd. Avec 841 000 habitants en 2023 – selon les derniers chiffres disponibles de l’Insee – la sixième métropole française a vu sa population croître de plus de 9 % en six ans, soit plus de 11 000 habitants par an. Seule la métropole montpelliéraine fait légèrement mieux, mais avec une population bien plus faible.

La dynamique repose largement sur l'attractivité du pôle aéronautique et spatial. « On a été perturbés pendant le Covid, mais notre industrie phare est repartie à fond les ballons », observe Hugo Cavagnac, fonctionnaire territorial à la direction de l’économie de Toulouse métropole. L’inauguration du commandement de l’espace en novembre illustre cet élan. La métropole, qui regroupe 37 communes, se distingue aussi dans le secteur de la santé, notamment grâce à son oncopole. Et accueillera bientôt la première usine européenne de paracétamol, prévue pour 2028.

Un problème de riche ?
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Mais cette attractivité pose des défis pour la métropole, déjà très densifiée, et pèse sur les intercommunalités voisines. « Logement, mobilité et économie : ce sont les trois grands enjeux auxquels nous sommes confrontés », résume Hugo Cavagnac, qui cumule son emploi de fonctionnaire avec deux autres casquettes. Il est maire de Fronton, au nord de Toulouse, et président de l’intercommunalité du Frontonnais depuis 2020. 

De fait, la croissance démographique toulousaine se diffuse dans les deuxième et troisième couronnes de l’agglomération, où se concentrent de nombreuses communautés de communes. «  L’attractivité de la métropole pousse l’habitat en périphérie et oblige les petites communes à densifier fortement  », observe Loïc Constant, conseiller municipal de Castelnau-d’Estrétefonds, une petite ville de 7 000 habitants, qui fait partie la Communauté de communes du Frontonnais. S’il est conscient que c’est un « problème de riche », il craint que sa ville soit « absorbée » par la métropole toulousaine, comme sa voisine Saint-Jory.

« Il y a encore 10 ans, nous étions deux communes de taille similaire, justifie-t-il. Aujourd'hui, Saint-Jory, ce n’est que des logements collectifs empilés les uns sur les autres, et les services publics ne suivent pas. » La population y a augmenté de 49,4 % entre 2017 et 2023, selon l’Insee.

Freiner la densification
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Sur le terrain, le sujet mobilise. Preuve en est le slogan de campagne de la liste où figure l’élu : « Ensemble, maîtrisons notre avenir ». Comme un avertissement à la métropole toulousaine, que l’élu accuse de chercher à « asseoir sa suprématie”. Une inquiétude des habitants que remarque aussi Hugo Cavagnac, en campagne du côté de Fronton : « Sur le terrain, tout le monde me dit de ne pas faire comme Saint-Jory ». Bien que la situation de Saint-Jory soit particulière – son maire Thierry Fourcassier (DVD) a été mis en examen en septembre 2023 pour «  corruption passive et trafic d’influence  » dans la délivrance de permis de construire – trois autres communes du Nord-ouest métropolitain ont également vu leur population augmenter de plus de 30 % en six ans.

Pour les intercommunalités voisines, l’aménagement reste un enjeu majeur. Le 29 janvier, la Communauté de communes du Frontonnais a voté son plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), que Hugo Cavagnac qualifie de « décision la plus importante des six ans de mandat  ». Après des années de négociation et un engagement à éviter la surdensification, l’objectif est de pouvoir mobiliser à nouveau du foncier pour accueillir des entreprises.

Car au-delà du logement, la croissance métropolitaine soulève la question de l’équilibre économique des intercommunalités périphériques. « Les charges liées à la présence de la population, comme les équipements sportifs, l'éducation, les routes, les transports et le logement, peuvent converger vers les petites intercommunalités adossés au métropole, sans qu’elles ne bénéficient forcément des recettes de la taxe professionnelle (CVAE) », explique Emeric Brehier, directeur de l'Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès. 

Du fret mais pas de start-ups
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Sur ce point, la communauté de communes du Frontonnais bénéficie toutefois d’un atout : l’Eurocentre, vaste pôle logistique situé entre Castelnau-d’Estrétefonds et Villeneuve-lès-Bouloc. La plateforme multimodale de fret a été créée dans les années 1990 : « Nous on a cette chance, mais d’autres ne l’ont pas », constate Loïc Constant. De fait, la répartition des activités économiques est inégale entre les communautés de communes : le Sicoval, proche de Toulouse, est très bien doté avec le parc d'activités Labège innopole, créé il y a plus de 40 ans, tandis que les Terres du Lauragais «  rament  », explique l’élu. Et le rattrapage est difficile, car développer des activités face à la concurrence de Toulouse est peu aisé.

« Tout ce qui est start-up ou activités à forte valeur ajoutée, on n’en voit pas la couleur », regrette Loïc Constant, qui s’est un temps imaginé développer une pépinière d'entreprise dans sa ville. Aujourd’hui, le risque est de devenir une simple zone résidentielle pour les salariés travaillant à Toulouse. « Si nous n’accueillons que des habitants sans créer d’emplois, on va saturer les routes », pointe aussi Hugo Cavagnac. 

Pour traiter ces enjeux, les communautés de communes du Frontonnais, des Hauts-Tolosans et du Val Aïgo, regroupant une cinquantaine de communes au nord de Toulouse, ont signé en 2023 un contrat de réciprocité avec la métropole, prévu par la loi MapTam de 2014. À l’époque, le député de la zone Jean-François Portarrieu (Horizons), soutien de l’accord, évoquait la possibilité de reorienter des entreprises en quête de foncier dans la métropole : «  Pourquoi ne pas interroger les territoires voisins du Nord toulousain qui pourraient éventuellement \[les\] accueillir ? ».

Trois nains et un géant
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Pour l’instant, la coopération se met doucement en place. «  Il ne faut pas en attendre une révolution, on ne cherche pas à jouer à David contre Goliath, nuance Hugo Cavagnac. Trois nains face à un géant, ça reste trois nains. » Le président du Frontonnais y voit surtout «  un lieu d’échanges, de négociation et de bon voisinage, pour s’obliger à se répondre », mais regrette que les discussions ne soient pas aussi actives qu'espéré.

Il considère néanmoins que ce cadre pourrait faciliter la construction d’un troisième pont au-dessus de la Garonne, afin de mieux relier le nord de l’agglomération et les zones d’emploi à l’ouest de Toulouse, liées à l’aéroport. «  Cela pourrait encourager l’implantation des sous-traitants et partenaires des entreprises de l’ouest vers chez nous », explique-t-il.

En attendant, la communauté de communes cherche aussi à développer l’économie circulaire et à attirer de nouveaux commerces, qui subissent la concurrence des grandes surfaces. «  Dans les territoires voisins des métropoles, les modèles de développement économique ne sont pas identiques : on y trouve davantage de structures sociales et solidaires, de petites industries locales… C’est une forme de partage des tâches et des rôles  », résume Emeric Brehier. Au nord de la métropole toulousaine, ce fragile équilibre reste encore à trouver

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

### Thématique
`#Municipales 2026` `#Démocratie` 

**Langue :** `#Français` 



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