# Le référendum, outil de démocratie directe et participative
**Date de l'événement :** 22/06/2026
* Publié le 22/06/2026

### Date
22/06/2026

## Chapô
**De la démocratie directe et du scrutin proportionnel aux nouvelles formes de délibération citoyenne, des chercheuses et chercheurs explorent pour [la revue _Conférence_ n°5, La Ve République sous tension](https://www.calameo.com/sciencespo/read/004160454a0c889d28da9), quatre pistes de renouveau démocratique qui reviennent le plus souvent dans le débat public.**

**Près de 80 % des Français sont favorables au recours au référendum pour décider de certaines lois et politiques publiques importantes. La demande pour plus de démocratie directe et participative est d’autant plus forte que les citoyens se sentent mal représentés et tenus à l’écart des décisions. Elle est encore plus prononcée chez les électeurs des formations situées aux extrémités du spectre politique.**

## Corps du texte
La vie politique française manifeste, depuis quelques années, les signes croissants d’une démocratie sous tension. Un ouvrage récent, French Democracy in Distress, réunissant de nombreux spécialistes des questions démocratiques, s’est demandé si notre démocratie ne portait pas en elle au moins autant de défis inquiétants que de perspectives de ressourcement. Il est vrai que toutes les données académiques collectées par enquêtes dressent un portrait peu rassurant du rapport des Françaises et des Français à leur système politique. De la crise des Gilets jaunes, en 2018, aux impasses de la situation politique actuelle, la France n’a pas manqué d’occasions de montrer des formes d’essoufflement, voire de crise, démocratique. Dès lors, la question du référendum revient régulièrement sur la table : faut-il en élargir le périmètre constitutionnel, en réformer les conditions d’exercice, en démocratiser le recours par le référendum d’initiative citoyenne (RIC), s’inspirer des exemples étrangers comme celui des votations suisses ? Telles sont quelques-unes des importantes questions que le débat public ne cesse de poser depuis quelque temps.  

Mon propos n’est pas de trancher sur des sujets dont mes collègues constitutionnalistes sont de bien meilleurs spécialistes que moi. Je souhaite plutôt proposer ici une lecture relevant de mon domaine de recherche, la sociologie des attitudes politiques. Je m’appuie pour cela sur le Baromètre de la confiance politique, l’enquête de référence que produit le CEVIPOF chaque année depuis dix-sept ans pour analyser en profondeur les opinions sur le système politique et la démocratie en France ainsi que dans quelques autres pays. La dernière vague de cette enquête, publiée en février 2026, comporte de nombreux indicateurs mesurant les demandes de réformes démocratiques du pays. L’un d’eux concerne le soutien au « recours plus fréquent au référendum pour décider de certaines lois ou politiques publiques importantes ». Il montre que 79 % des personnes interrogées s’y déclarent favorables, contre seulement 16 % qui s’y opposent. Ce résultat intervient alors que la France vit une crise profonde de la représentation politique, alimentée par la montée de l’abstention, par la défiance politique et par des perceptions particulièrement négatives de la politique professionnelle. Cela fait de nombreuses années, en réalité, que le Baromètre de la confiance politique enregistre un soutien important au référendum, mais ce soutien se révèle particulièrement élevé en 2026 et il s’inscrit dans une demande plus large : 76 % des personnes interrogées estiment que la démocratie ne fonctionne « pas très bien » ou « pas bien du tout » en France, soit le niveau le plus élevé d’insatisfaction observé à cet égard par le Baromètre depuis sa création.

Comme l’a remarqué ma collègue du CEVIPOF, Flora Chanvril, le diagnostic très sombre que les personnes interrogées prononcent sur le fonctionnement de la démocratie en France « ne s’accompagne toutefois pas d’un rejet du principe démocratique : 82 % estiment qu’avoir un système démocratique est une bonne chose. En revanche, ils souhaitent un rôle davantage actif pour les citoyens “ordinaires” : 72 % pensent que la démocratie fonctionnerait mieux si les citoyens étaient associés plus directement aux décisions politiques. Dans ce contexte, les données montrent un soutien massif des Français à des instruments de démocratie plus directe ou participative ». 

Si la demande de plus de démocratie directe s’exprime clairement à propos du recours au référendum, d’importantes nuances sociologiques méritent attention.

Les « seniors » (50-64 ans notamment) y sont les plus favorables (83 %), de même que les habitants des communes rurales (84 %) ; les plus dotés en capital culturel y sont les moins favorables, notamment les détenteurs du bac +2 et au-delà. Parmi les catégories sociales, celle des employés et ouvriers soutient davantage le référendum que les cadres et professions intellectuelles supérieures ou encore que les artisans et chefs d’entreprise, cette dernière catégorie étant la plus réticente de toutes. De telles variations laissent penser que la demande de plus de démocratie directe est liée à un sentiment d’éloignement des centres de décision, qu’elle émane des habitants des territoires « périphériques » ou des catégories de la population les plus fragiles socialement, soit celles qui se sentent moins bien représentées par les institutions ou tenues à l’écart des décisions.

Plus encore que sur le plan sociologique, c’est sur le plan politique que les variations dans le soutien au référendum sont les plus importantes. Il est nettement plus prononcé aux deux extrémités du spectre politique (à droite comme à gauche) : non seulement les électeurs d’Éric Zemmour (94 %) et de Marine Le Pen (88 %), les sympathisants de Debout la France (94 %), du Rassemblement national \[RN\] (90 %) et de Reconquête ! (90 %), mais aussi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (89 %) et les sympathisants de La France insoumise \[LFI\] (88 %) sont plus favorables au référendum que ceux des partis de centre gauche (Parti socialiste \[PS\]) et de centre droit (Les Républicains \[LR\]) ; et, surtout, ils le sont beaucoup plus que ceux du « socle commun » macroniste.

Au total, les données du Baromètre de la confiance brossent le portrait d’une France largement acquise à l’idée du référendum sur des questions importantes, mais avec des motivations plurielles : quête de participation pour les uns, expression d’une défiance envers les élites pour les autres ou encore outil de contre-pouvoir pour les électeurs des partis d’opposition. D’ailleurs, ces données n’expriment pas uniquement une demande de démocratie directe. Elles signalent aussi une demande de démocratie plus participative : le recours aux conventions citoyennes recueille une large approbation (71 %), et encore plus dans le cas où les propositions de ces conventions seraient soumises à référendum (79 %). Il s’agit là, sans aucun doute, d’une intéressante piste de ressourcement démocratique pour notre pays, car elle intègre la double demande de démocratie directe et de démocratie participative.

**Références :**

*   Chanvril F., « [Référendum et conventions citoyennes. La quête d’une démocratie](https://urlr.me/2MRkQJ)  
    [plus directe](https://urlr.me/2MRkQJ) » Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, Vague 17, février 2026 ;
*   Druez É., Frédéric Gonthier F., Kelbel C., Mayer N., Nostitz F.-C. von, Tiberj V. (dir.), _French Democracy in Distress. Challenges and Opportunities in French Politics_, Londres, Palgrave Macmillan, 2025.

### Thématique
`#Démocratie` 

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

**Langue :** `#Français` 



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