# Climat, sécurité, Canada : ce que révèle le discours d'Ursula von der Leyen d’une Union européenne au tournant
**Date de l'événement :** 21/09/2026
* Publié le 21/09/2026

### Date
21/09/2026

## Chapô
**Le dernier discours sur l'état de l'Union d'Ursula von der Leyen a multiplié les gestes inédits : lier frontalement urgence climatique et rentrée politique, proposer au Canada un statut de « membre associé » sans précédent, ou encore annoncer un « Conseil européen de sécurité » pour s'affranchir de la dépendance américaine. Ces annonces traduisent-elles une simple stratégie de communication ou une évolution plus profonde de la construction européenne ? Professeur agrégé et chercheur au Centre d'histoire de Sciences Po, spécialiste des questions européennes et auteur de [_L'Europe, un État qui s'ignore_](https://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782271120793-l-europe-un-etat-qui-s-ignore-sylvain-kahn/), Sylvain Kahn décrypte les lignes de force géopolitiques et institutionnelles de ce discours de rentrée pas comme les autres.**

## Corps du texte
_**Ursula von der Leyen a ouvert une partie de son discours sur les vagues de chaleur de l'été 2026, responsables de 35 000 morts en Europe, affirmant qu'un tel été « ne peut se reproduire ». Ce choix de lier aussi frontalement urgence climatique et discours politique de rentrée est-il une première dans l'histoire de cet exercice annuel ?**_

Oui. Le discours sur l'état de l'Union, prononcé par le président ou la présidente de la Commission européenne depuis 2010 au Parlement européen, est par nature un discours politique. Il vise à mobiliser à la fois les parlementaires européens qui lui répondent dans la foulee, les partis politiques européens et les citoyens européens. Il s'agit de montrer qu'il existe une vie politique de l'Union européenne, pour que les citoyens en prennent conscience.

Depuis l'arrivée d'Ursula von der Leyen à la tête de la Commission en 2019, on perçoit nettement la volonté de s'adresser aux citoyens européens, qui sont de plus en plus nombreux à voter pour des partis protestataires radicaux, à travers des sujets qui les touchent et les mobilisent, de montrer que l'Union européenne, c'est eux, que l'Union agit sur des problèmes très concrets pour les gens.

Dans le discours en question, plusieurs passages ont porté sur la canicule, les incendies, la santé, le logement et les inégalités. En toute rigueur, ces sujets ne relèvent pas du cœur des politiques européennes telles que les définit le traité sur l'Union européenne. Mais c'est aussi ainsi que l'Union évolue. Depuis 1950, ses compétences s'élargissent et s'approfondissent, et cela se formalise juridiquement dans des traités qui, eux-mêmes, évoluent : le traité de Lisbonne est l'héritier lointain du traité de Rome.

L'histoire de l'Union européenne montre aussi que les Européens construisent parfois ensemble de nouvelles politiques publiques alors même qu'elles ne sont pas prévues par les traités. Ce fut le cas lors de la réponse au Covid, quand les Vingt-Sept (vingt-huit à l'époque) ont mobilisé la Commission européenne et les financements européens pour mettre en œuvre des politiques qui n'étaient pas prévues par les traités.

C'est ce que fait ici Ursula von der Leyen. Elle prend acte du fait que le changement climatique produit des effets de plus en plus aigus, et qu'il appartient aux Européens, qui en subissent ensemble les conséquences, d'agir conjointement pour anticiper les canicules futures que la science annonce comme certains.

_**Ursula von der Leyen a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l'Union européenne, une catégorie inédite dans l'histoire de la construction européenne. Ce nouveau statut marque-t-il une évolution de la doctrine d'élargissement européenne ?**_

Pour bien comprendre l'enjeu politique, et même géopolitique, il est utile de mettre en regard le discours prononcé par la présidente von der Leyen le mercredi 16, dans lequel elle propose au Canada de devenir « membre associé », et la réponse du premier ministre canadien Mark Carney, prononcée le jeudi 17. Le chef du gouvernement canadien a en effet été invité à assister au discours sur l'état de l'Union et à y répondre. C'est la première fois qu'un chef de gouvernement d'un pays non membre de l'Union européenne bénéficie d'une telle invitation. Des dirigeants de pays tiers s'étaient déjà exprimés devant le Parlement européen, mais aucun n'avait encore été convié à assister au discours annuel de la présidente de la Commission et à y répondre.

Pour se faire une idée de ce que recouvre l'expression « membre associé », une idée appelée à évoluer puisque tout reste à construire, il faut donc considérer les deux discours ensemble.

Cette expression ne correspond, pour l'instant, à aucune réalité juridique ou institutionnelle inscrite dans les traités. Il existe aujourd'hui des pays associés dans le cadre du Partenariat oriental et de la politique européenne de voisinage, la politique régionale par laquelle l'Union noue des relations contractuelles denses avec des pays frontaliers, comme la Géorgie, l'Arménie, l'Ukraine ou la Moldavie. Ces catégories, elles, figurent bien dans les traités. Et les choses évoluent : l'Ukraine et la Moldavie, par exemple, initialement pays associés, sont aujourd'hui pays candidats à l'adhésion.

La catégorie de « membre associé » n'existe donc pas encore. Pour l'instant, il s'agit d'une formule politique. Le gouvernement allemand l'a d'ailleurs relevé dès le lendemain, jeudi 17, en jugeant la proposition intéressante mais en estimant que le terme de « membre associé » n'était probablement pas la formule la plus adaptée pour désigner ce qui sera construit avec le Canada.

Du côté canadien, Mark Carney a évoqué, dans son discours de réponse, une « alliance forte” et “un partenariat privilégié », soit un renforcement des liens, sans reprendre à son compte l'expression de « membre associé ». Il s'agissait donc, pour l'instant, d'exprimer une intention et un projet politique bien plus qu'une réalité juridique et institutionnelle.

Plusieurs sources à Bruxelles ont par ailleurs confirmé que très peu d'acteurs, services de la Commission, directeurs généraux, autres commissaires, ministres des Affaires étrangères des États membres, avaient été mis dans la confidence avant l'annonce, et que le premier ministre canadien lui-même ignorait apparemment que la présidente emploierait ce terme. On est donc bien dans un exercice de communication politique, où l'on choisit de frapper les esprits en lançant un projet.

_**Mais au-delà des considérations sémantiques et des effets d'annonce, le Canada pourrait-il un jour véritablement rejoindre l'Union européenne ?**_

Ce qui est certain, c'est que plusieurs acteurs politiques se sont ouvertement posé la question, qu'ils l'aient fait à des fins de communication politique ou parce qu'ils la jugent réellement pertinente. Le chef de l'opposition canadienne, Pierre Poilievre, qui a de justesse perdu les élections fédérales face à Mark Carney, a ainsi réagi en affirmant, je cite de mémoire : « Le Canada ne deviendra jamais le 51ᵉ État des États-Unis, il ne deviendra jamais le 28ᵉ État membre de l'Union européenne. » Ce n'est pas un responsable politique marginal qui s'exprime ainsi, mais le chef de l'opposition.

D'un point de vue académique, cette question mérite d'être posée pour ce qu'elle révèle. D'abord, elle rappelle que l'Union européenne se construit depuis soixante-quinze ans par adhésion volontaire et par extension, non par expansion. Ensuite, elle montre que l'Union a mis en place, dans ce cadre d'extension volontaire, un véritable système territorial : un réseau dense de liens très forts avec de nombreux pays. Les liens les plus étroits sont évidemment ceux qui unissent les États membres. Mais au-delà, l'Union entretient des relations très fortes avec l'Islande, la Norvège ou la Suisse, quasiment intégrées via l'Espace économique européen, ou avec les pays associés du voisinage oriental, en partie déjà intégrés à l'Union sur le plan juridique.

Si l'on considère les accords dits « de commerce » (une appellation trop restrictive, tant ces accords couvrent bien plus que le commerce, comme l'accord récemment signé avec le Mercosur, ou le CETA conclu avec le Canada), on constate que l'intensité des liens juridiques, réglementaires, commerciaux et normatifs entre l'Union européenne et le Canada, dans le cadre du CETA, est plus forte que celle qui lie aujourd'hui l'Union européenne et le Royaume-Uni depuis le Brexit, via l'accord de commerce et de coopération. En un sens, le Canada est donc aujourd'hui plus intégré à l'Union européenne que ne l'est le Royaume-Uni, pourtant déjà très lié à elle.

Cela illustre la capacité de polarisation de l'Union européenne : certains pays, on pourrait aussi citer le Japon, la Nouvelle-Zélande ou la Corée du Sud, jugent avantageux, pour des raisons qui leur sont propres, de renforcer leur interdépendance avec elle. Dans le cas du Canada, ce sont les menaces d'annexion proférées par Donald Trump qui poussent le gouvernement actuel à resserrer les liens avec l'Union européenne sur les plans commercial, des services, des valeurs, de la recherche, de l'éducation ou des chaînes de valeur industrielles. Un partenariat stratégique a d'ailleurs été signé en juillet 2025 entre l'UE et le Canada, en complément du CETA, en vigueur depuis 2017.

Dans cette logique, on pourrait envisager, de manière purement spéculative, qu'une telle convergence de valeurs et de modes de vie débouche à terme sur l'adhésion du Canada à l'Union européenne. Mais des arguments contraires existent tout autant : les six mille kilomètres d'océan qui séparent les deux territoires, la taille du Canada, comparable voire supérieure à celle de l'Union européenne, ou encore le fait que le Canada, État fédéral, connaît entre ses provinces des différences, notamment commerciales et fiscales, plus marquées que celles qui existent entre les États membres de l'Union, qui forment un marché unique. Si les Canadiens n'ont pas eux-mêmes unifié leur marché intérieur entre États fédérés, on peut difficilement les imaginer intégrer un marché unifié régi par des règles communes à plusieurs pays.

Il y a donc des arguments dans les deux sens. Il ne s'agit certainement pas d'affirmer qu'il s'agirait là d'une première étape vers l'adhésion du Canada à l'Union : Mark Carney lui-même a répété à plusieurs reprises qu'il s'agissait de pure spéculation. Ce qui est en revanche intéressant, c'est ce que le fait même que la question puisse se poser révèle de la situation géopolitique de l'Union européenne, de sa robustesse et de sa capacité d'attraction. Les êtres humains sont des êtres de récit et de langage : dès lors qu'une expression comme « membre associé » est prononcée, l'imagination collective s'empare de la question d'un éventuel statut d'État membre. Cela permet en tout cas de mieux comprendre la nature de cette Union européenne, qui demeure avant tout une construction politique, culturelle et sociale volontaire. Celle-ci se caractérise depuis près d’un siècle par l’extension et non pas l’expansion, par la supra nationalité qui mutualise la souveraineté et non par l’impérialisme.

_**Face aux menaces hybrides et à la montée en puissance de l'intelligence artificielle, la présidente de la Commission européenne a annoncé la création d'un « Conseil européen de sécurité ». Comment appréhender cette déclaration ?**_

Le fait que la présidente de la Commission européenne annonce une initiative institutionnelle dans le domaine de la sécurité s'inscrit à la fois dans la continuité de ses discours précédents et dans une évolution de l'Union européenne engagée depuis 2022, c'est-à-dire depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, qui a conduit les Européens à prendre plusieurs initiatives dans le domaine de la défense.

Ces initiatives ont surtout concerné, jusqu'à présent, l'industrie de défense et le soutien à l'Ukraine, un pays associé qui se trouve envahi, plutôt que la défense du territoire européen proprement dite. Cette dernière est en effet assurée depuis huit décennies par les pays européens dans le cadre de l'OTAN, l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Une alliance de défense qui dure depuis près d'un siècle est chose rare dans l'histoire des relations internationales, et il faut le souligner. Depuis la guerre froide, les Européens ont ainsi assuré la défense de leur territoire au sein d'une alliance avec un partenaire plus puissant qu'eux, les États-Unis d'Amérique.

Or, après le tournant de 2022, un second tournant est intervenu avec le retour au pouvoir, en 2025, du président américain Donald Trump. Dès février 2025, un mois à peine après son entrée en fonction, le nouveau gouvernement américain a fait savoir, par la voix de son secrétaire à la Défense Pete Hegseth, lors d'une réunion à Bruxelles avec ses alliés européens, [que les Européens devaient désormais considérer leur défense conventionnelle par eux-mêmes et ne plus s'attendre à ce que les États-Unis leur garantissent une assistance en toute circonstance](https://conference.sciencespo.fr/content/2025-09-08/la-fin-de-lalliance-atlantique-entretien-avec-sylvain-kahn_cE8xbojgUVnzsdlkRWBO).

Cette évolution n'a fait que se confirmer depuis, notamment dans la Stratégie nationale de sécurité publiée par l'administration américaine en novembre 2025 (un document que chaque président rédige en début de mandat), où il apparaît clairement que, pour les États-Unis, les Européens ne sont plus des alliés mais une ressource à mobiliser au service de l'intérêt national américain. On n'est plus dans une logique de gagnant-gagnant ni d'interdépendance : les États-Unis affichent une volonté d'emprise sur les Européens.

C'est dans ce contexte que s'inscrit l'annonce de Mme von der Leyen. Le point le plus important me semble être la phrase qui suit cette annonce : elle propose de mettre en œuvre, à l'échelle de l'Union européenne, l'équivalent de l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord appelé ici “protocole de sécurité d’urgence”.

Il faut rappeler la distinction avec l'article 5 de l'OTAN, la clause de défense mutuelle : lorsque le territoire d'un pays membre est attaqué, tous les autres pays de l'Alliance s'engagent à lui venir en aide par les moyens qu'ils jugent appropriés. L'article 4, moins connu mais tout aussi important, prévoit que lorsqu'un gouvernement membre de l'Alliance estime que l'intégrité de son territoire ou son indépendance ou sa sécurité sont menacées, il peut demander la réunion du Conseil de l'OTAN, c'est-à-dire des représentants permanents, des ministres de la Défense ou des Affaires étrangères des pays membres, afin d'alerter solennellement ses partenaires et de prendre les mesures nécessaires pour que la menace ne se concrétise pas. Ce mécanisme a déjà été activé à plusieurs reprises dans l'histoire de l'OTAN, y compris récemment : la Pologne et l’Estonie y ont eu recours en 2025, après avoir été survolées par des drones et des avions militaires russes. 

L'idée de Mme von der Leyen est simple : puisque les États-Unis ne considèrent plus les Européens comme des alliés, ces derniers ne peuvent plus compter, de manière sûre et certaine, sur les procédures prévues par l'OTAN. Or le territoire de l'Union européenne est régulièrement menacé depuis deux ans par des menaces hybrides, y compris par des drones à usage militaire, vraisemblablement envoyés ou pilotés par la Russie. Il faut donc que les Européens soient en capacité de se concerter entre eux, indépendamment de la position américaine : c'est du moins ainsi que j'interprète cette annonce.

Concrètement, tout État membre de l'Union pourrait ainsi demander la réunion du Conseil européen ou du Conseil de l'Union européenne pour alerter ses partenaires sur des menaces identifiées sur son territoire, un mécanisme qui n'est aujourd'hui prévu par aucun traité. Il faudra observer quels textes seront mis en circulation et négociés, car cette annonce présidentielle implique que la Commission européenne va désormais proposer l'adoption d'un tel mécanisme, ce qui suppose un important travail politique, institutionnel, réglementaire et législatif au sein de l'Union.

Je ne serais pas surpris que l'objectif soit de permettre à la présidente de la Commission de convoquer elle-même une réunion du Conseil européen, une prérogative qui appartient formellement, aujourd'hui, au président du Conseil européen, actuellement l'ancien premier ministre portugais António Costa. Cela lui donnerait la faculté de réunir les ministres compétents, le commissaire concerné, voire des chefs de gouvernement, pour traiter spécifiquement d'un sujet de sécurité et de défense.

Il ne s'agit pas de créer un dispositif entièrement nouveau. Il existe déjà, dans le traité sur l'Union européenne, un comité permanent de sécurité composé des représentants permanents, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l'UE, accompagnés de responsables militaires, ainsi que plusieurs articles relatifs à la politique de sécurité et de défense commune. Ce que propose Mme von der Leyen, c'est plutôt un mécanisme permettant aux Européens de se réunir rapidement et de manière agile, sans avoir à composer avec la politique du gouvernement américain, qui leur est défavorable depuis un an et demi. C'est peut-être aussi, de son point de vue, une manière de renforcer le rôle de coordination et d'impulsion de la Commission, alors que la politique de sécurité européenne relève aujourd'hui principalement du Conseil européen, et secondairement de la Commission. Il s'agirait donc d'une rationalisation destinée à gagner en efficacité, à l'heure où les menaces exigent des décisions de plus en plus rapides.

_**Comment ce futur Conseil européen de sécurité pourrait-il s'articuler avec des partenaires extérieurs, comme le Canada précisément  ?**_

Il faut d'abord rappeler que, pour l'instant, il ne s'agit que d'une annonce : rien n'est encore concrètement établi. Tout dépendra de la manière dont réagiront les Vingt-Sept, dans le cadre du Conseil de l'Union européenne (la chambre des États) et du Conseil européen, qui réunit les chefs d'État et de gouvernement.

Mais si cette nouvelle instance voyait le jour, permettant aux Européens de se réunir entre eux, au sein de l'Union européenne, pour traiter de questions de sécurité et de défense sans se soucier de la position américaine, il serait tout à fait envisageable d'y inviter, ponctuellement, des chefs de gouvernement ou des ministres de la Défense de pays non membres de l'Union, si les Européens le jugent souhaitable.

Le renforcement des liens entre le Canada et l'Union européenne ne se limite en effet pas au commerce : il concerne aussi l'intelligence artificielle, les ressources énergétiques et minières, et pourrait s'étendre à la défense. Le Canada fait notamment partie de la coalition des volontaires qui soutient l'Ukraine, une coalition initiée par le Royaume-Uni et la France. On pourrait ainsi imaginer que ce Conseil européen de sécurité, si celui-ci voit le jour, convie ponctuellement le Premier ministre canadien ou le ministre de la Défense canadien à certaines de ses réunions, selon les urgences ou les sujets traités.

Ce mécanisme offrirait ainsi aux Européens une capacité à mener une politique stratégique plus autonome vis-à-vis des Américains. Il pourrait aussi correspondre, du point de vue de Mme von der Leyen, à la volonté de renforcer le rôle de coordination et d'impulsion de la Commission dans un domaine, la politique de sécurité, qui relève aujourd'hui essentiellement du Conseil européen, et de rationaliser la prise de décision à un moment où les menaces exigent une réactivité croissante.

**Pour approfondir :**

Sylvain Kahn, [_Histoire de la construction de l'Europe depuis 1945_](https://www.puf.com/histoire-de-la-construction-de-leurope-depuis-1945), coll. « Savoirs », Paris, PUF, 2021.

Sylvain Kahn, « De quoi la Communauté politique européenne est-elle le nom ? », _Telos_, 12 juin 2023. Disponible sur : [https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/de-quoi-la-communaute-politique-europeenne-est-elle-le-nom.html](https://www.telos-eu.com/fr/)

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