# Réseaux sociaux : comment le masculinisme se diffuse-t-il en Europe ?
**Date de l'événement :** 01/10/2026
* Publié le 01/10/2026

### Date
01/10/2026

## Chapô
**Des réseaux sociaux aux discours politiques, les idées masculinistes gagnent en visibilité et touchent particulièrement les jeunes hommes, tout en entretenant des liens étroits avec les droites radicales. Sacha Turpin-Sampietro, étudiant à l’Institut catholique de Paris, Évaëlle Chomard, étudiante au CPES, et Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CEE de Sciences Po, analysent la structuration de cette manosphère française, ses principaux influenceurs, ses logiques de diffusion et ses connexions avec l’extrême droite. Comment expliquer la force d’attraction et la résilience de cet écosystème masculiniste, et jusqu’où participe-t-il à la diffusion d’idées anti-égalitaires et radicales dans l’espace public ?**

## Corps du texte
_Introduction par Nonna Mayer, Directrice de recherche émérite CNRS au Centre d'études européennes et de politique comparée_

Le [dernier rapport du Haut Conseil à l’égalité sur l’état du sexisme en France](https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/rapport-2026-sur-letat-des-lieux-du-sexisme-en-france-la-menace-masculiniste) alerte sur « la menace masculiniste », l’émergence d’un « système idéologique structuré qui imprègne désormais les jeunes générations par un bombardement massif de contenus numériques » susceptible de « légitimer le passage à l’acte, banaliser des violences et, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre ». Tandis qu’un rapport rédigé par la délégation aux droits des femmes du Sénat, sous le titre de [« Mascus ; la nouvelle offensive contre les femmes »](https://www.senat.fr/notice-rapport/2025/r25-776-1-notice.html), y voit de par ses liens étroits avec l’extrême droite « une menace terroriste émergente et très préoccupante ». Il faut prendre au sérieux ce que [l’historienne Christine Bard](https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/genre-et-europe/l%27homme-europeen-une-masculinite-hegemonique-xixe-xxie-siecles/le-masculinisme-en-europe) voit comme « une forme extrême de réaction aux évolutions en cours vers plus d’égalité entre les sexes, perçues comme une atteinte à ce qui serait le cœur de la masculinité, l’essence même de la domination masculine ». Au-delà des constats alarmistes, explorer la diffusion de ces idées masculinistes sur les réseaux sociaux, leur pouvoir de séduction auprès de jeunes hommes et leurs connexions avec l’extrême droite s’impose, à quelques mois d’une élection présidentielle où la candidate du Rassemblement national caracole en tête des sondages. 

C’est ce qu’ont fait Evaëlle Chomard et Sacha Turpin Sampietro, à l’occasion du stage qu’ils effectuaient cet été avec moi au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po (CEE). S’immergeant dans le milieu numérique masculiniste, combinant recherche par mots-clés et création de comptes dédiés afin de construire un fil d'actualité représentatif de cette sphère, ils dressent une cartographie des principaux influenceurs en France et de leurs réseaux. Leurs conclusions convergent avec celles des recherches existantes encore peu nombreuses en France notamment celles de [Benjamin Tainturier](https://www.sciencespo.fr/ecole-recherche/fr/actualites/benjamin-tainturier-comprendre-role-des-espaces-numeriques-dans-la-normalisation-droite-radicale/) et de [Tristan Boursier](https://theconversation.com/le-masculinisme-un-tremplin-vers-des-ideologies-reactionnaires-276882), pour souligner la vitalité de cet univers, sa rentabilité économique, la manière dont les messages masculinistes, polarisants, sont favorisés par les algorithmes, multipliant les risques d’y être exposé en ligne en particulier chez les jeunes, sa porosité avec toutes les droites radicales, et le risque de dérives complotistes et/ou violentes qu’il porte.

Leur apport spécifique est le choix d’une approche qualitative, sur un petit nombre de cas étudiés en profondeur. Ils en tirent des portraits vivants des principaux influenceurs, un catalogue à la Prévert des recettes offertes pour remonter le moral masculin en berne, et ce qui unit cet univers si disparate, notamment l’influence de la nouvelle droite, en particulier d’Alain de Benoist, et des références esthétiques et culturelles communes puisées dans l’Antiquité gréco-romaine et le Moyen Âge. Leur rapport est un complément utile aux travaux quantitatifs menés sur des millions de tweets ou de posts sur Youtube grâce aux LLM (Large Language Models) et à l’IA générative. Sans oublier l’intérêt de la dimension comparative de leur étude, quant à l’implication différentielle des droites radicales dans cet univers masculiniste. En Espagne, le parti [Vox a fait de l'antiféminisme un axe central](https://www.cambridge.org/core/journals/politics-and-gender/article/beyond-likes-the-role-of-influencers-in-promoting-views-about-feminism-and-antifeminism-in-spain/E6A3052ED4F0B68F248C251A896BE837) et assumé de son identité politique. En France, Marine Le Pen s’en garde bien, elle qui a rallié une partie d’électorat féminin en se présentant comme « quasi féministe ». Mais elle n’a pas besoin de le faire : sur le mode récréatif, les influenceurs masculinistes diffusent pour elle les idées anti-égalitaires au cœur de sa rhétorique. 

_Présentation du projet de recherche par Evaëlle Chomard et Sacha Turpin Sampietro_
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### Un projet de recherche pour cartographier les masculinismes

Pour étudier ce réseau, nous nous sommes rendus directement là où le contenu masculiniste prend racine : nous avons exploré les comptes Youtube, TikTok, Instagram ou Twitter et ainsi constitué un corpus d’influenceurs masculinistes. Ce corpus comprend 61 nœuds (51 individus et 10 organes médiatiques) reliés par près de 250 relations codées (qui prennent la forme de mentions réciproques, co-création de contenu, conflit déclaré...). Un influenceur ou un média n'a été intégré à la base de données que s'il répondait à deux critères cumulatifs : disposer d'au moins 10 000 abonnés sur sa plateforme principale, et être identifié comme relevant de la mouvance masculiniste selon la définition qui est donnée plus haut. Une analyse de leurs discours a permis de relever d’éventuelles revendications et ainsi d’identifier leur positionnement politique et de mesurer la radicalité de leur propos.   

### Une manosphère numérique fortement liée à l’extrême droite

La proximité idéologique de la manosphère française avec les idées de droite, et plus encore d'extrême droite, est l'une des caractéristiques centrales de ce réseau. Ce lien a déjà été documenté par d'autres chercheurs, comme [Tristan Boursier et Océane Corbin](https://conference.sciencespo.fr/content/2026-04-07/le-masculinisme-un-tremplin-vers-des-ideologies-reactionnaires_Pkh62eAtfL395fzDtTRd), et notre propre cartographie confirme cette forte porosité. En effet, sur les 51 influenceurs masculinistes français de notre corpus, une écrasante majorité affiche une affinité avec la droite radicale : 18 d'entre eux (35,3 %) se positionnent à droite de l’échiquier politique, et 26 (51 %) à l'extrême droite proprement dite. Cet ancrage se retrouve également du côté des médias qui relaient ou accueillent ces influenceurs. Nos recherches mettent en évidence des liens étroits avec plusieurs organes identifiés à la droite radicale et à l'extrême droite, parmi lesquels TV Libertés, le Cercle Aristote, Frontières, Omerta, Fdesouche, Boulevard Voltaire ou encore Radio Courtoisie. On retrouve enfin cet ancrage politique dans les thèmes que les influenceurs masculinistes abordent le plus souvent : conservatisme, hostilité à l'islam et à l'immigration, anti-wokisme (qui recouvre en réalité un rejet plus large de l'écologie politique, du libéralisme culturel et, de fait, du féminisme), et, chez certains, conspirationnisme ou ultra-capitalisme.

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### En Espagne, cette proximité s’incarne dans un parti ; ce n’est pas le cas en France.

Cette porosité entre masculinisme et extrême droite s'institutionnalise dans certains pays européens autour d'un parti. C'est le cas de l'Espagne, où le parti d’extrême droite [Vox a fait de l'antiféminisme un pilier assumé de son identité politique](https://www.rtbf.be/article/espagne-vox-le-parti-d-extreme-droite-capitalise-sur-l-antifeminisme-10208439), un positionnement qui a accompagné son ascension de sa percée aux régionales de 2018 en Andalousie (11 % des voix) jusqu'à son meilleur score dans cette même province en 2026 (13,8% des voix et 15 sièges au Parlement d’Andalousie). Deux logiques s'y articulent : d'un côté, une posture antiféministe, [qui vise le « féminisme d'État »](https://www.researchgate.net/publication/271304537_L'antifeminisme_d'Etat) ; de l'autre, des mesures concrètes qui relèvent, elles, directement de revendications masculinistes, et qui s'apparentent à une véritable stratégie de séduction de l'électorat masculiniste espagnol.

Ainsi, le parti réclame, sans discontinuer depuis son [programme de 2018](https://www.voxespana.es/noticias/100-medidas-urgentes-vox-espana-20181006), l'abrogation de la [loi de 2004 contre les violences faites aux femmes](https://www.boe.es/boe/dias/2004-12-29/pdfs/A42166-42197.pdf), pourtant votée à l'unanimité et jusque-là considérée comme un acquis consensuel, dénonçant une justice à deux vitesses (mesure 70 du programme cité plus haut). Il défend aussi la « garde partagée comme règle générale » (mesure 81), écho direct aux discours sur les droits des pères portés par la mouvance des [Men's Rights Activists](https://www.researchgate.net/publication/368360122_Men's_Rights_Activism). Ce positionnement trouve un écho manifeste dans l'électorat du parti : selon [le baromètre du CIS (Centro de Investigaciones Sociológicas) de novembre 2023](https://www.cis.es/documents/d/guest/es3428mar_HyM_A), 87 % des électeurs de Vox jugent que l'égalité est allée si loin qu'elle discriminerait désormais les hommes, contre 44 % dans la population générale. [Une étude récente](https://www.researchgate.net/publication/400094037_Derecha_radical_populista_manosfera_y_misoginia_un_estudio_sobre_la_discursiva_antifeminista_en_Espana) confirme que le parti et la manosphère numérique espagnole se nourrissent mutuellement, formant une véritable alliance transmédiatique. 

Rien de comparable en France. En effet, aucun parti français n'a fait de l'antiféminisme ou du masculinisme un thème de campagne, ni cherché à fédérer cette manosphère sous une même bannière. De plus deux tiers des 51 influenceurs de notre corpus n'affichent aucune couleur partisane (sans doute pour capter une audience transpartisane), et la minorité restante se disperse entre Reconquête, le Rassemblement national et quelques cas isolés.  

Cela ne signifie pas pour autant que les partis français ignorent ces idées : ils n'ont simplement pas besoin de se rallier ouvertement au masculinisme, puisqu'ils en relaient déjà certains thèmes (empruntés aux discours masculinistes comme la critique de l'« idéologie du genre », ou déjà intégré de longue date à leurs discours comme la défense de la famille traditionnelle) sans jamais les nommer comme tels. Leur stratégie est même inverse : plutôt que de courtiser frontalement un électorat masculiniste, ils préfèrent se « dédiaboliser par le genre » en mettant en avant des figures féminines, de Marine Le Pen à Sarah Knafo en passant par Valérie Pécresse, une logique de [normalisation par le visage féminin](https://shs.cairn.info/les-faux-semblants-du-front-national--9782724618105?lang=fr), qui leur permet de diffuser des idées proches du masculinisme [sans jamais en payer le coût d'image](https://www.politika.io/fr/article/dediabolisation-aux-deceptions-fractures-genrees-sociales-generationnelles-au-rn).

### Une relation avec l’extrême droite politique qui se construit autour de figures individuelles

Cette absence de structuration partisane ne signifie cependant pas l’absence totale de liens avec le champ politique institutionnel. Ces liens se nouent simplement à une autre échelle : celle des individus plutôt que des partis. Le cas de [Julien Rochedy](https://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Rochedy) est ici particulièrement éclairant. Ancien président du Front national de la jeunesse, il a opéré une reconversion réussie en influenceur masculiniste. Sa trajectoire illustre un mode de porosité bien précis : les passerelles entre extrême droite institutionnelle et manosphère numérique ne passent pas par des prises de position partisanes collectives, mais par la circulation de figures individuelles. Ces figures mobilisent, dans la sphère masculiniste, un capital politique et symbolique acquis auparavant au sein de structures militantes traditionnelles.  

Le cas d'[Alice Cordier](https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Cordier) confirme ce constat. Ancienne militante de l'[Action française](https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_fran%C3%A7aise), elle a fondé l'association [Némésis](https://fr.wikipedia.org/wiki/Collectif_N%C3%A9m%C3%A9sis), mouvance masculiniste et identitaire structurée autour d'une vision traditionaliste des rapports de genre, un projet qu'elle présente elle-même comme construit grâce au « bagage associatif » acquis au sein de l'Action française. Contrairement à une structuration partisane classique, ce modèle de porosité individuelle est diffus, ce qui la rend difficile à cartographier. Il n'en constitue pas moins un vecteur d'influence idéologique, potentiellement plus résilient. Un parti peut en effet être dissous, sanctionné électoralement, ou discrédité dans son ensemble par les prises de position de ses dirigeants. Une constellation d'entrepreneurs individuels, à l’inverse, dispose d'une capacité de recomposition et de dissimulation bien supérieure : un influenceur banni d'une plateforme peut migrer vers un autre canal moins modéré, se rebrander, ou simplement être remplacé dans l'écosystème par une autre figure sans que l'ensemble du mouvement en soit affecté.  

### Un masculinisme intellectualisé et métapolitique 

De plus, ces influenceurs jouent également sur un autre levier : un discours volontairement intellectualisé, qu'on pourrait qualifier de « [métapolitique](https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-political-science-revue-canadienne-de-science-politique/article/metapolitique-dextreme-droite-usages-et-limites-dun-concept/76BBAC92A8C76429E375BFD2E4B5E468?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=copy_link&utm_source=bookmark) ». Sous forme de longues vidéos argumentatives ou de débats, les influenceurs masculinistes proposent un nouveau système idéologique hétéronormé, où les femmes et les hommes seraient cantonnés à des rôles traditionnels. Ce discours métapolitique ne se limite pas d’ailleurs à l’espace numérique ; il se décline dans le domaine de l’édition, avec des ouvrages comme [Surhommes et sous-hommes](https://rochedy.com/blogs/infos/a-propos-de-mon-livre-surhommes-sous-hommes?srsltid=AfmBOoqhji-hUmfN0sjsAiiUdegesDlhXodJG6FGMMGRVX_3fyUdOWPl) de Julien Rochedy. 

En se présentant comme des penseurs, en légitimant leur discours par un vernis philosophique (avec des références directes à Nietzsche ou Heidegger par exemple) ou historique, ces influenceurs s'érigent en véritables modèles à suivre. Une posture qui rend leurs propos à la fois difficilement contestables et profondément intériorisables par un public par ailleurs souvent jeune (un sondage Opinion Way de décembre 2025 indique par exemple que 66% des jeunes hommes de 16 à 34 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste et que 37% consultent leurs contenus)

Cette sensibilité de la frange la plus jeune du public masculiniste transparaît en creux dans les [réactions de mécontentement de plusieurs influenceurs](https://www.liberation.fr/politique/elections/vous-reussissez-deja-a-me-degouter-sur-internet-la-fronde-anti-rn-de-la-fachosphere-apres-un-vote-controverse-20260730_C2CSY5QKBBANFFOXC7YORGXGPE/) de notre corpus face à l’abstention du Rassemblement National lors du vote de la loi du 21 juillet 2026 interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans – cette abstention a permis l’adoption de la loi par le Parlement, avant qu’elle soit finalement censurée par le Conseil constitutionnel. Cette réaction peut être lue comme un indice de la valeur perçue de cette audience juvénile en l’absence d’une preuve directe d'une stratégie de ciblage délibérée.

Par ailleurs, cette intellectualisation du discours masculiniste constitue aussi le vecteur privilégié par lequel les influenceurs flirtent avec les thèses les plus radicales de l'extrême droite. Comme le démontre Tristan Boursier dans son [étude sur la banalisation du suprémacisme blanc sur YouTube](https://id.erudit.org/iderudit/1114896ar), l'essentialisation du genre (omniprésente dans le discours masculiniste) crée les conditions d'une essentialisation de la « race », les deux logiques se renforçant mutuellement au sein d'une même base anti-égalitaire. Des figures comme [Kroc Blanc](https://fr.wikipedia.org/wiki/Kroc_Blanc), rappeur masculiniste et suprémaciste, ou [Daniel Conversano](https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Conversano), militant suprémaciste blanc et néonazi par ailleurs masculiniste, constituent des illustrations concrètes de ce continuum. Le positionnement de ce dernier s'est illustré par la fondation du groupuscule suprémaciste blanc [Suavelos/Les Braves](https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/09/11/la-galaxie-suavelos-vitrine-d-un-racisme-decomplexe_5509154_4355770.html) (dont Kroc Blanc s'est par la suite revendiqué sympathisant).  

### Un fonctionnement en réseau, favorisé par les logiques des plateformes

Le succès du discours masculiniste tient à deux facteurs propres à son écosystème numérique : sa compatibilité avec les logiques économiques des plateformes, et sa structuration en réseau. 

En premier lieu, les contenus masculinistes échappent assez facilement à la modération, en partie parce qu'ils reposent sur des stratégies de contournement sémantique par l’intellectualisation comme évoqué précédemment, mais aussi parce qu'ils répondent particulièrement bien aux logiques économiques des plateformes qui les hébergent. Les thématiques polarisantes qu'ils abordent, associées à la radicalité de leurs propos, en font des contenus fortement engageants. Or ce sont précisément sur ces indicateurs d'engagement que les [algorithmes de recommandation sont conçus pour capitaliser](https://www.senat.fr/rap/r25-776-1/r25-776-1.html). Ces contenus se trouvent ainsi directement favorisés, non pas malgré leur radicalité, mais grâce à elle. 

Cette dynamique algorithmique se double d'un second facteur de stabilité, plus structurel : si l'ensemble des figures masculinistes reste diffus, il n'est pas pour autant dénué de liens organisationnels. Notre cartographie fait apparaître un réseau ultra-intriqué, avec un nombre considérable de mentions et d'apparitions communes entre influenceurs.

Cette interconnexion constitue, sur le plan économique, un véritable réseau d'entraide : cross-promotion, co-création de contenus, projets communs… Autant de mécanismes qui permettent à chacun d'élargir son audience, de vendre ses formations, et de démultiplier la portée de son discours. 

Le discours masculiniste est ainsi d'autant plus difficile à endiguer qu'il bénéficie d’une double robustesse : économique, et structurelle, qui rend la lutte contre la diffusion de ces idées particulièrement complexe.

### Thématique
`#Démocratie` 

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

**Langue :** `#Français` 



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