# Une demande de « reset démocratique » ?
**Date de l'événement :** 09/02/2026
* Publié le 09/02/2026

### Date
10/02/2026

## Chapô
**La dix-septième vague du [Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF](https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/etudes-enquetes/barometre-confiance-politique/) dresse un constat sombre sur l’état de l’opinion en France, dans ses dimensions de pessimisme social, d’inquiétude et de défiance politique. Réalisée entre la mi-janvier et le début février 2026 dans cinq pays (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Rou****manie), cette nouvelle vague confirme les tendances structurelles que le Baromètre enregistre depuis 2009 mais les porte à un niveau jamais atteint depuis 17 ans.**

## Corps du texte
Le fort tropisme d’inquiétude, lié tant au contexte international qu’à la situation politique interne, se traduit par une impressionnante augmentation de tous les indicateurs de défiance politique. Le curseur de la défiance monte très haut cette année : seuls 20 % de confiance dans l’Assemblée nationale, le pourcentage le plus bas constaté depuis la création du Baromètre en 2009. Bien loin des espoirs de « reparlementarisation » de notre vie politique. La plupart des indicateurs qui traduisent l’inquiétude du pays face à la situation née de la dissolution de l’Assemblée nationale, à l’impasse politique et à la séquence parlementaire chaotique de cet automne-hiver, sont à la hausse.

L’univers de la politique, déjà structurellement perçu de manière négative en France, ne semble plus inspirer que méfiance et désillusion : l’inquiétude, la colère et la confusion sont les sentiments qui dominent, l’espoir y étant nettement plus faible qu’en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Italie. Cette année enregistre les pourcentages les plus négatifs à propos du jugement des Français sur le fonctionnement de notre démocratie : 20 % seulement pensent que les hommes et les femmes politiques essaient de tenir leurs promesses tandis que 76 % jugent les hommes et femmes politiques plutôt corrompus et 87 % dénoncent le fait que les hommes et femmes politique ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens.

Si 82 % des personnes interrogées en France maintiennent un haut niveau de soutien au système démocratique comme bon système de gouvernement pour le pays, on constate toujours d’inquiétantes tensions sur la démocratie: 53 % pensent qu’il faudrait que ce soient des experts et non un gouvernement qui décident ce qui leur semble le meilleur pour le pays, 43 % jugent qu’en démocratie rien n’avance et qu’il faudrait moins de démocratie et plus d’efficacité, 36 % qu’il faudrait « un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement et des élections », 20 % que l’armée dirige le pays !

L’année 2025 n’a pas permis que les Français se réconcilient avec la politique et encore moins avec les acteurs du jeu politique : la confiance dans les partis politiques continue d’être en queue de peloton de notre classement des confiance (15 %), loin derrière les acteurs politiques locaux (60 % de confiance dans les maires), les institutions ou services publics du soin, de la protection régalienne ou sociale. La longue séquence parlementaire à la recherche d’un compromis sur le budget a surtout entrainé des sentiments de confusion et de colère, une situation profondément anxiogène et quasi-anomique pour le pays.

Plus que jamais, la vague 17 du Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF lance une série de signaux d’alerte : 51 % pensent qu’il n’y a pas de quoi être fier de notre démocratie et près de 60 % considèrent qu’il faudrait changer de Constitution. C’est bien là le signal d’une demande de « reset » démocratique, pour reprendre l'expression d'Anne Muxel [dans la revue L’hémicycle](https://lhemicycle.com/2026/01/27/pourquoi-les-francais-veulent-un-reset/).

_Cet article fait partie d'une série de quatre notes publiées par des chercheurs du CEVIPOF afin d'analyser les résultats de la dix-septième vague du Baromètre de la confiance politique (février 2026), une enquête réalisée par OpinionWay, grâce à un partenariat entre le CEVIPOF, le CESE, Intériale Mutuelle, CMA-France, EDF, l’Institut de l’entreprise, l'Université Guido Carli - LUISS à Rome et l’École nationale d'études politiques et administratives à Bucarest._

**Licence :** `#CC-BY-ND (Attribution, Pas de modification)` 

### Thématique
`#Démocratie` 

**Langue :** `#Français` 



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