Dossier : Guerre en Iran
Vingt-trois ans après l'Irak, Trump a fait le pari de la force en lançant une offensive contre l'Iran. Malgré le succès initial de l'opération, les États-Unis se révèlent incapables de transformer leur supériorité militaire en résultats politiques après cinq semaines de conflit. Comment comprendre cette inefficience de la première puissance militaire mondiale ? Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po, éclaire dans cet entretien ce paradoxe à l'aune du cadre théorique élaboré dans son dernier ouvrage Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale.
Alors que l’opération « Epic Fury » frappe l’Iran depuis le 28 février 2026, la multiplication des conflits armés marque la fin d’une certaine idée de la dissuasion. De l’Ukraine à Gaza, du Caucase au Moyen-Orient, quelque chose s’est déréglé dans l’architecture de sécurité qui empêchait depuis 1945 le retour des guerres de conquête. Non pas une Troisième Guerre mondiale identique aux deux premières, mais quelque chose de potentiellement plus insidieux : une mise en série de conflits que plus personne ne semble en mesure de contenir. L'analyse d'Antony Dabila, chercheur associé au CEVIPOF.
Les mers et les océans du monde entier sont avant tout des lieux de passage pour navires commerciaux et militaires, et à ce titre deviennent des lieux de conflictualité dont le contrôle est essentiel du point de vue stratégique comme économique. Xavier Carpentier-Tanguy, chercheur en histoire contemporaine, démontre que face aux stratégies de déni d’accès et aux menaces hybrides sur les flux mondiaux, les États-Unis et l’Europe cherchent à renforcer leur contrôle sur les voies maritimes mondiales.
L’entrée en guerre du Hezbollah contre Israël, en représailles à l’assassinat de Khamenei à Téhéran et à la violation continuelle par Tel-Aviv de l’accord de cessez-le-feu de fin 2024, apparaît comme un pari très risqué. Décryptage par Hussein Abou Saleh, docteur associé au CERI de Sciences Po, d'un contexte où le mouvement chiite libanais est aux abois aux niveaux militaire, politique et financier, et où Beyrouth tente de le désarmer et de reprendre la pleine possession des territoires qu’il contrôle encore.




